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L’accueil à Ulysse

Notre accueil se veut chaleureux et convivial pour toutes les personnes qui se présentent au service, que ce soit avec ou sans rendez-vous, qu’elles soient déjà suivies ou qu’elles se présentent chez nous pour la toute première fois. Ce travail d’accueil s’appuie sur un système de permanence, assuré en rotation par les cliniciens comme par les autres membres de l’équipe.

Outre la salle d’attente, le service propose une salle de jeux aux enfants qui accompagnent leurs parents. Un espace communautaire au grenier est également mis à disposition des patients qui souhaitent boire un café, lire un journal, utiliser un ordinateur ou échanger entre eux.

Pour les patients présentant une pathologie avérée, cet accueil peut représenter un lieu d´ancrage dans une errance. L´accessibilité du service en dehors des rendez-vous fixés symbolise à la fois le fait que nous proposons une prise en charge d´équipe, dans laquelle chaque intervenant est impliqué et, d´autre part, que notre intérêt pour nos patients est constant.


Les personnes auxquelles s’adressent nos suivis

Le mandat du service Ulysse est le développement d’initiatives destinées à favoriser l’accès à l’aide en santé mentale pour des personnes exilées présentant conjointement des signes de difficultés psychologiques avérées, ainsi qu´une précarité du droit au séjour.

Nous entendons par ‘précarité’ toutes ces situations juridiques marquées par l’incertitude et l’absence de garanties liées à l’avenir en Belgique, où les conditions socio-sanitaires d’existence sont régies par des droits de séjour sur le territoire limités, en évolution constante.

Nos patients sont tous d’origine étrangère, provenant d’un pays extérieur à l’Union Européenne, arrivés récemment en Belgique pour la plupart d’entre eux et ne maîtrisant pas forcément l’une des langues de notre pays. Il s’agit principalement de demandeurs d’asile, de bénéficiaires d’une régularisation du séjour provisoire, de personnes déboutées du droit d’asile et d’autres personnes en séjour irrégulier ou illégal. En lien étroit avec ces différents statuts de séjour, nos patients peuvent être des résidents de structures d’accueil pour demandeurs d’asile gérées par Fedasil, des titulaires d’une aide sociale d’un CPAS, ou encore des personnes au seul droit d’accès à une aide médicale urgente, sans domicile fixe pour beaucoup. Dans l’évolution du suivi d’une seule personne à Ulysse, la cumulation de ces différentes situations de précarité n’est pas rare.

Il en ressort que les raisons derrière une décision de prise en charge à Ulysse sont diverses et complexes. Le soutien psychothérapeutique que nous proposons s’adresse tant à des personnes présentant une fragilité psychologique et/ou psychiatrique individuelle (indépendante de l’exil), qu’à celles dont les signes de souffrance psychologique sont directement liés aux évènements à la base de leur départ (problématique intrafamiliale, instabilité sociale, violence généralisée, persécution ciblée, torture… ). Nombreux sont les patients qui présentent également des difficultés psychologiques associées aux conditions d’accueil et de séjour en Belgique.

> Lien vers l’article sur la précarité

> Lien vers Chapitres 1.3 du Guide (Les facteurs de fragilité psychologique liés au parcours d’exil)

> Lien vers Recherche


L’offre de soutien individuel

L´aide psychologique proposée par Ulysse repose sur un travail clinique élaboré autour de difficultés tant structurelles et relationnelles que celles en lien avec la situation d´exil. Centrée sur la parole, la relation thérapeutique bâtie par le clinicien privilégie toujours une forme de prise en charge souple, au rythme énoncé par le patient, dans sa langue maternelle, et adaptée aux spécificités de sa souffrance psychologique.

L’une des particularités de notre offre est la proposition d’un accompagnement psychosocial global de la personne, où le suivi mis en place par le clinicien reste ouvert aux dimensions administratives et juridiques de sa souffrance. Au vu de la précarité du droit au séjour dans laquelle se trouvent nos patients exilés, nous sommes convaincus qu´un travail de remaniement psychique ne peut être envisagé avec eux sans une prise en compte du contexte social de la problématique.

Pour ce faire, est nécessaire la mise en place de collaborations proches et de partenariats avec d´autres acteurs issus du réseau d´aide aux personnes d´origine migrante, mais aussi de services juridiques, de soins de santé ou encore de services de formation ou d´orientation professionnelle et scolaire. Tout en étant des spécialistes de la santé mentale, les professionnels d’Ulysse sont attentifs à entretenir une connaissance affinée du cadre légal en matière de droit des étrangers, des enjeux culturels et géopolitiques des situations traitées, des problématiques socio-sanitaires dans  les situations de grande précarité, et aussi, bien sûr, de la psychopathologie développée dans un contexte d’exil.

En outre, un accompagnement mobile de la personne peut parfois être envisagé, notamment lors de démarches présentant des enjeux importants du point de vue de la santé mentale (auditions liées à la procédure d´asile, visite chez l´avocat, chez un prestataire de soins spécialisé…). Afin d’assurer le maintien du lien thérapeutique, il arrive que cette offre de mobilité s´étende aux situations d´intervention dans un contexte de crise, comme les visites à l´hôpital ou en centre fermé.

La prise en charge à Ulysse s’effectue par l’un de nos dix psychothérapeutes. Notre équipe clinique est également composée de deux médecins-psychiatres. Cela permet, lorsque nécessaire, la mise en place d’un suivi psychiatrique pour les patients bénéficiant déjà d’un suivi psychothérapeutique au sein de notre service. 

 

 

L’offre de soutien collectif

Depuis 2010, l’offre de soutien à Ulysse s’est élargie à une dimension plus collective de soins. Cela s’est traduit par la mise en place d’une série d’initiatives communautaires, qui prennent la question du soin psychique par le biais du lien social.

Le parcours d’exil est jalonné d’obstacles, de ruptures et de discontinuités. Pour bon nombre de nos patients, les souffrances engendrées marquent leur rapport aux autres et influencent la possibilité pour eux d’établir des nouveaux liens. Cela est d’autant plus vrai pour des personnes ayant vécu des évènements traumatisants, déshumanisants, qualifiés par l’horreur, par l’indicible. Dans un paysage changeant, déstabilisant, souvent vécu comme hostile, Ulysse peut alors apparaître comme un point d’ancrage.

C’est la raison pour laquelle l’association a amorcé un travail collectif, pour mettre en place des activités communautaires, complémentaires aux suivis thérapeutiques individuels. Ces initiatives proposent aux personnes qui le souhaitent un lieu et des temps où elles peuvent être accueillies et reconnues dans leur singularité, échanger et faire des rencontres.

L’espace communautaire, aménagé à cet effet au grenier, est ainsi ouvert plusieurs fois par semaine, accueillant les patients désireux de s'y rendre pour se poser, lire, faire des recherches sur Internet, etc. C’est dans cet espace informel et convivial que se préparent et se déroulent plusieurs projets particuliers et continus dans le temps, chacun encadré par deux travailleurs de l’équipe communautaire. Les cliniciens y sont directement associés, en assurant la transmission de l’offre auprès de leurs patients.

  • Le groupe Journal « Papyrus à l’Horizon » : Se réunir autour du projet concret de la rédaction d'un journal offre, en plus d'un prétexte à la rencontre, la possibilité de s'énoncer, se positionner, débattre, laisser des traces, transmettre... Le service reste attentif à permettre et valoriser des modalités de participation différentes : certains débattent et organisent, d'autres amènent des idées, d'autres encore rédigent ou proposent des illustrations. Au rythme de deux numéros par an, les sujets traités concernent les droits de l’homme, les différentes habitudes culturelles, la discrimination, l’expression artistique… > Lien vers Journal, numéros 1 + 2
  • « Jardin de Femmes » : Cet espace réservé aux femmes est une invitation à la rencontre et à l’échange d’idées et de savoirs, autour d’un thé, dans une ambiance chaleureuse. C’est aussi un lieu d’expression créative, au gré des envies des participantes, où sont partagées des activités de peinture, de bricolage, de couture, de danse, de musique… Est visé la possibilité, pour les patientes d’Ulysse, de se reconnecter à elles-mêmes, à une féminité commune, au-delà des barrières linguistiques et différences culturelles. 
  • Le groupe « Activités et sorties » : Cette initiative permet aux personnes qui le souhaitent d’aller à la découverte de leur nouvel environnement, sur un mode plus récréatif, pour se reposer de la lourdeur du quotidien. Lors d’une réunion, les participants proposent des idées de sorties et un programme trimestriel est sélectionné dans un processus collectif. L’agenda ainsi établi est proposé à tous les bénéficiaires du service Ulysse. L’encadrement de cette activité est assuré par un travailleur désigné et, à tour de rôle, une autre personne de l’équipe.
  • Le projet Arcada : Cette formation de dix jours permet à chaque participant d’identifier ses valeurs, qualités et compétences, afin de renforcer sa connaissance de soi et, ainsi, le guider pas à pas vers la formulation d’un projet personnel réalisable. En partenariat avec l’initiateur du projet, le CIRE, la formation représente une adaptation des outils d’orientation socioprofessionnels classiques, qui tient compte de l’expérience d’exil et de la fragilité psychologique de notre public. La méthodologie est participative et non-directive, visant la reconnaissance de chacun dans sa singularité et une forme d’apprentissage « avec les autres, par les autres ».

Nous adresser une nouvelle demande

Ulysse s'efforce de garantir une souplesse du processus d'admission, ce qui passe par la rapidité du traitement des nouvelles demandes, ainsi que par le recours à des interprètes spécialisés quand c'est nécessaire. Nos entretiens sont gratuits pour les personnes sans ressources, le coût ne devant jamais constituer une barrière aux soins.

Les demandes de suivi thérapeutiques sont traitées lors de notre réunion d´équipe hebdomadaire du mercredi matin, les décisions de prise en charge s´effectuant sur base de critères tels que le statut de la personne, la spécificité de la problématique à traiter et le lieu de résidence. Si notre offre est ouverte à toute personne en précarité du droit au séjour sur le territoire belge, une priorité est accordée à celles qui se trouvent en région bruxelloise, afin de favoriser l'ancrage local du service.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Zone de Texte: L’exil est souvent fait de ruptures, de deuils, de doutes, d’incompréhension, de désillusion. La perte des référents identitaires, affectifs et sociaux, jumelée aux conditions de vie précaires en Belgique, sont tous des éléments pouvant entraîner un isolement social complet, voire une forme d’écroulement identitaire pour certains. Cela est d’autant plus vrai pour les personnes déjà psychologiquement fragilisées par les expériences à la base de l’exil, parfois toujours engluées dans les visions des horreurs traversées, souvent habitées par la crainte d’y être renvoyées, ou par la culpabilité d’y avoir laissé des proches. 
        
        Nos patients sont tous d’origine étrangère, provenant d’un pays extérieur à l’Union Européenne, arrivés récemment en Belgique pour la plupart d’entre eux et ne maîtrisant pas forcément l’une des langues de notre pays.  Il s’agit principalement de demandeurs d’asile, de bénéficiaires d’une régularisation du séjour provisoire, de personnes déboutées du droit d’asile et d’autres personnes en séjour irrégulier ou illégal. En lien étroit avec ces différents statuts de séjour, nos patients peuvent être des résidents de structures d’accueil pour demandeurs d’asile gérées par Fedasil, des titulaires d’une aide sociale d’un CPAS, ou encore des personnes au seul droit d’accès à une aide médicale urgente, sans domicile fixe pour beaucoup. Dans l’évolution du suivi d’une seule personne à Ulysse, la cumulation de ces différentes situations de précarité n’est pas rare.